En Belgique, plusieurs affaires ont déjà mis en cause des citoyens et citoyennes qui hébergent ou soutiennent des personnes en exil, un véritable “procès de la solidarité”. Ces procédures, même lorsqu’elles se concluent par un acquittement, laissent une empreinte durable : elles envoient le signal que certaines formes d’entraide peuvent devenir suspectes.
Parallèlement le projet de visites domiciliaires ravive de très fortes inquiétudes quant au respect des droits fondamentaux. La possibilité pour les autorités de pénétrer dans les domiciles de personnes sans papiers, ou de celles et ceux qui les accueillent serait une atteinte grave aux droit fondamentaux que sont l’inviolabilité du domicile et la protection de la vie privée.
Cette soirée propose de revenir sur cette tendance à la criminalisation de la solidarité en Belgique, en donnant la parole à des actrices et acteurs concernés, engagé·es sur le terrain, dans le monde juridique et dans la réflexion intellectuelle. Il s’agira de comprendre ce que ces politiques font aux pratiques d’entraide, aux collectifs de sans-papiers et, plus largement, à l’état de nos libertés publiques.
À l’occasion de la parution de son livre La solidarité n’est pas un crime, la philosophe Sophie Djigo partagera quelques éléments de son enquête sur les formes contemporaines de répression de la solidarité. Son travail permet de mettre en perspective le cas belge avec d’autres contextes européens, et d’interroger la manière dont les États redéfinissent ce qui est considéré comme une solidarité acceptable.
La discussion réunira :
Sophie Djigo est philosophe de terrain, chercheuse affiliée au laboratoire STL (Lille) et à l’Institut Convergences Migrations. Spécialiste des questions migratoires, elle travaille sur les politiques migratoires, les formes d’hospitalité et la criminalisation de la solidarité. Elle est l’autrice de La solidarité n’est pas un crime (Textuel, 2026).
Youri Lou Vertongen est politologue et chercheur à l’UCLouvain Saint-Louis – Bruxelles, spécialiste des mobilisations des sans-papiers et des luttes migratoires en Belgique.
Un·e représentant·e de l’Association syndicale des magistrats (ASM), pour éclairer les enjeux du point de vue de la justice et de l’État de droit
Henriette Essami-Khaullot, porte-parole de la Voix des Sans-Papiers / Comité des femmes sans-papiers et de la Coordination Sans-Papiers Belgique.
Une hébergeuse mise en cause dans le procès dit des hébergeur·euses
En croisant ces regards, la soirée cherchera à ouvrir un espace de réflexion et de débat : comment défendre des pratiques de solidarité aujourd’hui, quelles garanties sont nécessaires pour protéger les droits fondamentaux, et quel rôle peuvent jouer citoyen·nes, magistrat·es, collectifs et chercheur·ses dans cette défense ?
18h30: Portes
19h30: Début